mercredi 10 janvier 2018

Book review : Bastard...

Dorothy Allison’s « Bastard out of Carolina » is a wonderful novel. It is set in a small town among Red Necks. For the most part, they are desperately poor, violent, irresponsible, alcoholic, naïve, racist, bullies, almost illiterate and constantly shouting at each other. Anney (nicknamed Bone), an intelligent, sensitive child is growing in that infernal circle. Her worst enemy is Daddy Glen, her stepfather. He touches her when she is only eight, then graduates to whipping her with his belt. When she turns fourteen, he beats her up and rapes her. Anney truly loves only one person in the world : Anna, her mother, but after the rape, Anna chooses to run away with Glen, effectively abandoning her daughter to her own fate. The book subtitle could have been : “How to destroy a child in ten easy lessons.”
Nevertheless, this tribe of losers is made up of human beings. Their souls ache all over, they stagger through life, from one mistake to the next. In Buddhism, it is said that 90% of all the suffering we endure is self-inflicted. We are our own instruments of torture : Ἑαυτὸν τιμωρούμενος, (Heauton Timorumenos) as the ancient Greek used to say. Dorothy Allison is fully conscious of it. She endows these social failures with a certain dimension of human dignity, to the point that the reader feels sorry for them, and even develops a measure of affection towards them. Monolithic characters do not move us. Unhappy, complex, guilty characters who are not “all bad” become part of us, and move us deeply. In that respect, as in many others, "Bastard of out Carolina" is indeed a masterpiece.  
The style is handled masterfully. The reader, is plunged into the Deep South as in a vat of tepid water. You can feel it on your skin and in your lungs. The dialogues are so true to life that as you read, it seems that you are listening to them. Dorothy Allison makes you see, hear, smell, touch, taste… and dream through this rough and complex world. The last sentence of each chapter lifts you up to a new, poetic level.
In an appendix, the author tells us that her book has been banned from a number of school libraries. She doesn’t specifically say why, but I think I can fill that gap. It’s called masturbation. From a very young age, Anney’s attraction to DIY orgasms becomes her main hobby. The same goes for Reese, her young sister. The school library ban comes from the fact that we live in a world where millions of nice, church going people like to pretend that they do not possess sexual organs. Some don’t even have a digestive system. They become aggressive and intolerant if a book mentions anything of the sort. They think that describing wars, fights, torture and psychotic behaviour (the average child watches something like 17 shootings, stabbings and fights every night on TV) is far more acceptable than admitting that girls – and boys, of course, and indeed adults – often play with themselves : a fine example of the way religions have warped the minds of a whole population, accepting daily confrontation to all the horrors that human beings can inflict on each other while condemning some utterly harmless behaviour.

dimanche 7 janvier 2018

Vieux



Je parlais l'autre jour de choses et d’autres (le temps qu’il faisait, les vacances, etc.) avec un membre de ma famille par alliance. Nous en vînmes à mentionner la Nouvelle Orléans. Je lui demandai s’il avait vu le film « The Big Easy ». The Big Easy, c’est le surnom de la Nouvelle Orléans, comme The Big Apple pour New York ou La ville Éternelle pour Rome.

“Oui” me dit-il “mais c’est un vieux film !” (Il date de 1986). Il y avait sur son visage une telle expression de dégoût et de répulsion, qu’il me fit presque peur. Il n’aurait pas grimacé mieux (ou pire) s’il avait dû déboucher le syphon des toilettes.

Pour cet homme, comme pour des millions de ses semblables, un film ou un roman se détériore au même rythme qu’un journal quotidien. « Récent » est immanquablement synonyme de « meilleur ».

Alors, allons-y gaiement : brûlons tous les romans, les nouvelles et les poèmes parus il y a plus de dix ans. Ajoutons-y les films, les œuvres d’art, les partitions musicales, puis dans la foulée, les sculptures et les chefs-d’œuvre d’architecture. Envoyons le David de Michelangelo dans les ruines de la cathédrale de Chartres, et faisons dynamiter les pyramides.   

Quel avenir pour notre civilisation si elle tombe aux mains d’êtres aussi primitifs ?

mardi 2 janvier 2018

Iran



 Quelques jours avant Noël, le ministre des Affaires Étrangères anglais, Boris Johnson, est allé en Iran. Entre autres sujets de discussion, il a mentionné aux gouvernants le fait qu’une jeune femme iranienne, mariée à un citoyen britannique, et en visite chez sa famille, avait été emprisonnée avec son bébé.  Motif : tentative de renverser le gouvernement iranien. L’insondable absurdité de cette accusation était savamment calculée pour être en même temps une insulte et un défi. L’Iran ne reconnaît pas le statut de double nationalité. Cette femme était coupable d’avoir épousé un étranger, mais surtout un non-musulman.
À son retour, Boris Johnson a expliqué qu’il avait essayé (sans succès) de faire libérer cette jeune femme, puis il a ajouté qu’elle n’était pas la seule, et que d’autres Anglo-Iraniens étaient dans le même cas : agissements qui n’étonneront personne de la part d’une théocratie au service de la fameuse religion « de paix et d’amour ».

Fin de l’histoire ? Pas vraiment : à une semaine d’intervalle, j’ai reçu deux magnifiques dépliants m’encourageant à aller visiter les merveilles naturelles et architecturales de l’Iran… "Viens dans ma toile.” dit l’araignée. “Ne crains rien, je prendrai bien soin de toi.”

Aujourd’hui, l’Iran informe le gouvernement anglais qu’un réseau de terroristes iraniens est actif en Grande-Bretagne. L’Iran propose de collaborer afin de neutraliser ces terroristes. “Voyez comme nous sommes sympas : nous réprouvons le terrorisme. On va même vous aider !” Les Iraniens sont d’excellents joueurs d’échec. Ils ont roulé Obama dans la farine avec une déconcertante facilité. Qui va se faire avoir, cette fois ?

lundi 25 décembre 2017

Book review : Lucifer's Network



Geoffrey Archer’s TheLucifer Network.

This novel possesses all the elements of an excellent spy story : half truths from a dying man, misunderstandings, red herrings, exotic locations, enigmatic secret service chiefs and unexpected plot twists. The style is on par with the superb organisation of the storyline : it is clear, fluent and beautifully balanced. There are not too many characters. The reader has therefore no problem knowing who is who, and who does what : not such a widespread quality among spy story writers.

Sadly, the interest one might feel towards this beautifully constructed novel, is marred by a heavy-handed left-wing approach. For Goeffrey Archer, the millions of illegal muslim immigrants in Europe are not to be feared, and anyone who thinks otherwise is mentally retarded. Instead, we should concern ourselves with the tiny organisations preaching a fiercely anti-immigration attitude… You means, against muslims ? Hardly : these organisations would like, according to Archer, to stop both Jews and Eastern European immigrants. It’s enough, apparently to mobilise the vast resources of MI6 and other countries’ secret services ; so much more useful, is it not, than chasing arab terrorists… This unbelievably stupid attitude empties the novel of any trace of credibility.

vendredi 22 décembre 2017

Régine Deforges



Depuis le temps que j’entendais parler des romans érotiques de Régine, je me suis décidé à en acheter un : Orage.
Si se mettre de la terre dans le vagin, se faire défoncer le cul à en saigner, se faire appeler « salope » et se donner à quatre demeurés puants, ivres et crasseux, c’est de l’érotisme, alors je veux bien admettre que je suis complètement à côté de la plaque, et que je n’ai aucun sens de l’érotisme.
Ce sentiment de rejet est d’autant plus réel que je me hérisse intérieurement lorsque l’on qualifie mes romans d’érotiques. En effet, un récit spécifiquement érotique n’a pour fin que celle de titiller le lecteur. Tel n’a jamais été mon but. J’ai voulu créer et faire partager des émotions ; or il se trouve que les rencontres, expériences, découvertes et activités sexuelles sont particulièrement fertiles en émotions, et ce d’autant plus que sexe et amitié, ou simplement affection, évoluent presque toujours vers des sentiments amoureux, mais ce sont loin d’être les seules situations où les émotions se développent. Mon ami Michel Salaün voit en moi l’écrivain de l’échec et de la résilience, tant il est vrai que la vie est une succession de revers et de succès. Ceux qui pensent que le bonheur c’est la lumière au bout du tunnel se trompent : le bonheur, c’est la lumière entre deux tunnels. À prendre ou à laisser…