mardi 26 janvier 2016

Vies cruelles



Maupassant est un auteur cruel ; beaucoup plus que Villiers de l’Isle Adam, par exemple. C’est l’auteur des vies ratées. La Parure, Une Vie, sont des récits déchirants car ils insistent sur le fait que notre seule et unique vie, ou du moins la seule dont nous ayons conscience, puisse être orientée par une erreur de jeunesse ou par la méchanceté de quelqu’un d’autre.
L’héroïne de La Parure est victime de sa vanité ; une vanité bien innocente et purement gratuite. Elle a pris un risque pour rien car elle ne recherchait ni un gain d’argent ni une conquête sentimentale. Loi des conséquences : elle en a souffert toute sa vie. Son mari aussi.
L’héroïne de Une Vie souffre de l’égoïsme implacable de son père, puis de son mari et enfin de son fils.
Si l’on pouvait faire parler au hasard ces visages fermés et douloureux que l’on croise dans la rue, combien de vies brisées découvrirait-on ? Combien l’ont été par leur faute et combien par la faute des autres ?
Ma vie n’a pas été brisée. Elle a simplement été abîmée par une mère, elle-même fortement déglinguée par la mort de son père, la pauvreté et l’emprise tyrannique de la religion. Ce n’est pas la même chose qu’une vie brisée, et il y a longtemps que je lui ai pardonné : elle était victime de son clan et de l’étroitesse d’esprit de son entourage. Malgré le dégât psychologique et affectif qu’elle avait créé en moi au départ, elle a réussi à m’élever dans la droiture et l’honnêteté. Pour cela, je lui en saurai toujours gré.
J’ai échappé à bien des accidents, bien des malchances qui auraient pu se révéler fatales. En Occident, certains parleraient de protection divine. En Orient on dirait Karma…

samedi 23 janvier 2016

Négationisme



La distance et le temps font-ils que le Mal soit moins le Mal ? Les tortures et massacres perpétrés par les Nazis étaient proches de nous. Souvent, elles étaient même chez nous. Par contre, les tortures et massacres perpétrées par les communistes étaient loin de nous. Elles ont donc moins d’importance.
On m’a dit récemment que j’étais obsédé par le communisme et que, puisqu’il ne subsistait qu’en seulement quelques endroits du globe, on pouvait pratiquement décider qu’il n’existait plus, et donc que, tel Don Quichotte, je m’attaquais à des moulins à vent.
Ce à quoi je m’attaque, en fait, c’est le négationnisme. Il est de bon ton de prétendre que les tortures et massacres communistes, perpétrés à des échelles si énormes que notre imagination ne peut les englober, ne sont jamais arrivés ou ne sont pas importants.
Il ne se passe pratiquement pas une journée sans que la chaîne de télévision Arte nous rappelle les horreurs du Troisième Reich. À quand le même souci d’honnêteté et de mémoire sur ce que Ronald Raegan appelait si judicieusement « L’empire du Mal » ?

jeudi 21 janvier 2016

Points de vue opposés



On dit que les femmes font l'amour avec les hommes qu'elles aiment alors que les hommes aiment les femmes avec lesquelles ils font l'amour. On peut le regretter mais je crois qu'il y a beaucoup de vrai là-dedans.
Est-il possible trouver une explication en termes de psychologie et de sociologie ? Il y en a une qui me vient à l'esprit. Pour huit hommes en prison, il y a deux femmes. Une célèbre expérience suédoise des années 80 consistant à filmer continuellement une classe de Troisième, un peu comme on filme des colonies de singes pour analyser leur comportement à loisir, a découvert que, dans le cadre scolaire, pour deux actes antisociaux perpétrés par des filles, il y en avait huit pour les garçons. Autre étude, anglaise celle-là : dans les cas de divorce, on s'est aperçu que, huit fois sur dix, c'était l'homme qui était devenu impossible à vivre. Toujours cette troublante mais constante proportion de 2 à 10...
Cela veut dire que si l'on prend une femme au hasard dans la rue, on a huit chances sur dix pour qu'elle soit sympa et "vivable" ; c'est à dire que l'on pourrait, par exemple, si on y était obligé, partager un appartement avec elle sans risquer de (trop) se disputer. Cela ne veut pas dire que les femmes soient interchangeables, loin de là ; mais simplement que, dans l'ensemble, elles sont plus faciles à aimer, chacune à sa manière, bien sûr, avec sa personnalité, ses habitudes, ses goûts, ses dégoûts, ses manies et même ses défauts. Dans ces circonstances, l'attraction physique joue un rôle disproportionné car il permet une sélection parmi un choix important de personnalités compatibles puis, après l'attraction physique, (deuxième filtre, si on peut dire) viennent les dispositions de la femme à faire l'amour. C'est le moment où l'homme peut tomber amoureux.
Pour une femme, choisir un homme est beaucoup plus risqué. Il faut prudemment tâter le terrain car il y a de fortes chances pour que ce terrain soit miné. Quand on est satisfait d'avoir trouvé quelqu'un de bien ; satisfait que l'homme en question n'est ni violent ni menteur ni égocentrique ni intolérant ni macho ni irresponsable, ("dans vos rêves !" diront beaucoup de femmes) on est davantage disposée à lui faire confiance sur le plan sexuel.
Beaucoup de femmes tombent dans le piège qui consiste à affirmer péremptoirement : "Il ne pense qu'à ça". "Ça", c'est le sceau de cire magnifiquement gravée qui attache le ruban, qui retient la boîte qui contient le trésor. Le ruban, la boîte et le trésor sont, en eux-mêmes, plus importants que le sceau mais sans le sceau, tout s'éparpille...