mercredi 21 août 2019

Cimetières


On m’a demandé (gentiment) si les photos de cimetières que je montre depuis quelque temps sur Facebook pourraient être le résultat de réflexions morbides.

Pas du tout. À la longue, j’aimerais publier un album photographique sur Southend-on-Sea en 3 parties : le rivage, les cimetières (simplement parce qu’ils sont photogéniques) et les parcs. J’en suis au deuxième volet.



I’ve been asked (very nicely) if those graveyard photos I show on Facebook could be the result of some morbid meditation on my part. Not at all. In the long run, I would like to publish a 3-part photo album on Southend-on-Sea : the seafront, the cemeteries (simply because they are photogenic) and the parks. I’m now on phase 2. 


samedi 10 août 2019

"Oranges are not the only Fruit".


Jeanette Winterson's book was very successful when it was published. At first, I couldn’t understand why. Female homosexuality is hardly the stuff that could, by itself, propel a book to the best-seller list in 1985, almost twenty years after the sexual revolution of the Sixties. 

To make matters worse, the love life of the main protagonist is neither explicitly described nor sentimentality analyzed. We just know that she “did it”. 

To make matters even worse, Jeanette Winterson flies at a tangent into a world of medieval fantasies. Descriptions and situations are dealt in ways that are neither poetic nor atmospheric. We are informed of what’s going on, but we never feel it.

Reflections on life in general sprout here and there as in a jungle where readers must progress with mental machetes. The plot (if you can call it that) is more like an unruly, disheveled diary. It does not really end : it fizzles out. 

So, why do I feel (as do many others) that “Oranges” will stick in my mind, and stay with me ?

To start with, it is well written. Perfect, well-balanced sentences, irreproachable grammar and syntax, but this is not unusual. 

The main reason, I suspect, lies in the fact that the main character is neither the narrator, nor her deranged mother : it is Pastor Spratt. He is the epicenter of a dictatorial, intolerant, imaginary world where human warmth and charity have no place. It’s easy to imagine what would have happened to Jeanette in the Middle-Ages (and beyond) : one more witch burned at the stake, and Pastor Spratt conducting the church choir while the girl died in unspeakable pain. 

Terrifying religious nuts like Pastor Spratt have always been around, and are still very much with us. Nowadays, they have a tendency to be replaced by political nuts, but the tactics remain the same : self-righteous indignation, outrageous lies and accusations, followed by ostracism and persecution for those who do not agree, all this in the name of equality and tolerance. 



“Oranges” is not a novel about lesbians, it’s a masterful warning about the evils of fanaticism and brain-washing.

dimanche 4 août 2019

Musique classique


Ceux qui adorent la musique classique ont beaucoup de mal à comprendre l’attitude de ceux qui ne l’aiment pas. Évidemment, même les mélomanes les plus enthousiastes n’apprécient pas indifféremment ou également toute la musique classique. Il y a des préférences, et même des répugnances. 

Les « anti-classique » ne comprennent pas qu’un « classique » puisse également aimer  Chuck Berry, Patsy Cline, Meat Loaf, Queen ou Bruce Springsteen (entre beaucoup d’autres), mais aussi, côté français, Édith Piaf, Brassens ou Cabrel.

Mon ami Michel est persuadé qu’on ne peut aimer la musique classique que si l’on y est plongé depuis l’enfance. Il en est l’exemple parfait, car il est né dans une famille de mélomanes. Sa mère avait même appris l’allemand et l’italien afin de mieux apprécier les opéras. Ses parents, ainsi que son frère et ses deux sœurs, se réunissaient en silence autour du « tourne-disque » (comme on disait à l’époque de son enfance) comme pour une cérémonie religieuse. C’étaient les années des premiers microsillons 33 tours.

Ce qui infirme quelque peu la théorie de Michel, c’est mon expérience personnelle. Mes parents détestaient la musique : toutes formes de musique. Je devais avoir dans les dix ans avant de tomber par hasard sur les valses de Johan Strauss. Ce fut une révélation. Par la suite, c’est Michel justement qui m’a fait connaître d’autres œuvres, à commencer par le 5ième concerto pour piano de Beethoven, l’œuvre-clé qui m’a ouvert les portes d’un véritable paradis terrestre.

J’ai une deuxième théorie. L’une des raisons (il y en a d’autres) qui empêchent les enfants et adolescents d’apprécier la musique classique, est simplement le fait qu’ils ne l’écoutent pas à un volume qui lui rende justice. Ils montent facilement des musiques de boîte de nuit à des niveaux qui endommagent médicalement leurs tympans, mais n’ont l’occasion d’entendre de la musique classique qu’en timides bruits de fond. Or, sans aller jusqu’à crever les oreilles, la musique classique doit s’écouter à un niveau très élevé. L’idéal étant le niveau sonore d’un concert auquel on assiste en salle. 

La qualité du système d’écoute est également cruciale. L’époque du tourne-disque fut suivie d’une série d’améliorations culminant avec des systèmes pour le grand public comme Fisher, Bang & Olufson ou Bose. Pour les professionnels, il y en a qui sont encore plus perfectionnés. Je me souviens de mon émerveillement en détectant de magnifiques basses de violoncelles dans des œuvres que je pensais connaître.

Le succès croissant de stations de radio dédiées à la musique classique, ainsi que l’amélioration constante des enregistrements et des haut-parleurs représente quand même une forme d’encouragement. Ne laissons pas les néo-barbares détruire ce fleuron de notre civilisation.