samedi 23 juin 2018

Les malheurs de Philippa


Les Malheurs de Philippa

Norbert, mari de Philippa : Bon, Philippa, prépare-toi, il est temps de partir si on ne veut pas être en retard.
Philippa : Ne sois pas ridicule, on a encore une bonne demi-heure.
Norbert : Je n’en suis pas si sûr. Tu sais comme mon patron a horreur qu'on arrive en retard quand il nous invite.
Philippa : Mais non, on a tout le temps. Il ne faut pas plus de 15 minutes pour aller chez lui.

Un quart d’heure plus tard :

Norbert : Tu es prête ?
Philippa : Oui, je suis prête. On y va… Oh, zut, j’ai oublié de changer l’eau du poisson rouge. J’en ai pour une minute…

Mais qu’est-ce que j’ai fait de mon portable ? J’ai dû le laisser dans la chambre. J’en ai pour une minute.

Oh, mon Dieu, j’avais promis à la voisine d’aller lui confier les clés du garage pour qu’elle puisse emprunter la tondeuse ! Ne t’inquiète pas : j’en ai pour une minute…

Oh, non ! Regarde ! Il y a une tache sur mon corsage. Je ne peux pas y aller comme ça. Je vais me changer. J’en ai pour une minute…

Ah, c'est pas vrai... 

mardi 1 mai 2018

L'école du vide


Entre les suppressions de mauvaises notes (quand il ne s’agit pas de suppression de toutes les notes), entre l’obtention du Bac pour presque tous, entre l’abandon de l’orthographe, de la grammaire et de la dictée, ainsi que de la chronologie en histoire, on voit bien que notre système d’éducation est devenu une véritable « école du vide ».
Certains profs, me dit-on, travaillent dur. Aucun doute là-dessus. Ils se divisent d’ailleurs en trois catégories bien distinctes : ceux qui travaillent dur parce que les élèves sont indisciplinés, ceux qui se donnent bonne conscience en passant un temps fou à des tâches n’ayant rien à voir avec l’élévation du niveau des élèves, et ceux qui se battent ouvertement ou en catimini contre les directives absurdes de l’inspectorat. Par probité professionnelle, ces derniers sabordent sciemment leur avancement et leur carrière. Ils sont ce que Marcel Pagnol aurait appelé des saints laïques.
À l’exception de Claude Allègre, les ministres socialistes qui se sont succédés au gouvernement ont tout fait pour abêtir les élèves et réduire le niveau du bac à son plus petit commun dénominateur. Majoritairement de gauche, les profs applaudissent avec enthousiasme. Les plus jeunes sont sincères : incapables de transmettre ce qu’ils n’ont pas appris eux-mêmes, ils ne voient pas où est le mal.
Les socialistes honnêtes (il y en a) confondent depuis des décennies l’égalité des chances avec l’égalité des résultats. Les socialistes malhonnêtes (la majorité) voient dans la baisse du niveau culturel des jeunes une occasion de les amener à voter à gauche.
Les victimes temporaires de cette abdication sont les élèves qui ont travaillé dur, intelligemment et honnêtement pour obtenir le fameux bac. Quand ils voient ceux qui sont incapables d’aligner deux phrases sans fautes et sans anglicismes obtenir néanmoins le diplôme, ces bons élèves se demandent si tous leurs efforts valaient vraiment la peine.  
La réponse est « oui », car en travaillant consciencieusement, ils ont quand même appris quelque chose. Le cursus du bac est moins destructeur que les méthodes d’enseignement. Ces connaissances, qu’ils ont souvent acquises en dépit du système, leur serviront dans un métier, une  profession, ou bien s’ils vont à l’université.
Entre temps, ceux qui, dans des circonstances normales, n’auraient jamais dû obtenir le bac se retrouvent sans aucun atout intellectuel ou manuel. 
Pendant ce temps, les enfants et petits-enfants des soixante-huitards attardés fréquentent les écoles privées.

dimanche 8 avril 2018

Pénibles tentatives


Pourquoi les poétaillons ont-ils si complètement perdu le sens du rythme ? Exemple :

LE BANQUET
Un matin,
s'approcher d'une fleur
si belle dans sa rosée
que ça devient banal
le parfum suave immobilise l'espace
libérant les rêves

En poésie, belle suivi d’un mot commençant par une consonne se prononce en deux syllabes, ce qui donne un vers de 7 pieds. Après un vers de 6 pieds, c’est déséquilibrant ; c’est laid !
Vient un vers de 11 pieds. Quand on s’appelle Verlaine, on peut s’en tirer, mais pas quand on débute ! Ou alors, le « poète » a peut-être considéré que immobilise n’avait que 4 pieds… mais pas devant une consonne !
Finalement, un vers de 5 pieds. Parfaitement acceptable si le précédent n’en avait que 10.
Belle en une syllabe ; immobilise en 4, n’auraient pas posé de problème dans une chanson, mais ici il s’agit d’un poème, c’est-à-dire d’un texte qui ne peut compter que sur lui-même pour créer sa propre musique et son propre rythme. Le résultat est chaotique.
Il aurait fallu si peu de chose !

Un matin,
s'approcher d'une fleur
si belle en sa rosée
que ça devient banal
suave parfum figeant  l'espace
et libérant nos ciels.