SO
Bretagne
Marseille-Lorient
Autre
vétéran de l’aviation, le S.O. Bretagne fut conçu en 1940 mais
n’effectua son premier vol qu’en 1945. Son aspect était
résolument moderne pour l’époque. Il ne déparerait pas sur un
aéroport aujourd'hui.
Le vol Marseille-Lorient ne fut pas dénué
d’intérêt. Quelques minutes après le décollage, le capitaine
annonça que le gyroscope était tombé en panne mais que, vu le
temps magnifique et le vent négligeable, il avait obtenu la
permission de continuer le trajet en VFR. Cela voulait dire voler à
environ 200 Km/h au lieu de 400, et 9h de vol au lieu de 4. Peu
importe quand on est jeune et qu'on a des sandwiches, des bouteilles
d’eau et des cigarettes. (qui ne fumait pas à l’époque ?).
La
situation s’aggrava un chouilla quand le capitaine demanda d’une
voix hésitante : “Y en a-t-il parmi vous qui auraient une carte
Michelin de la France ?” Miraculeusement, l’un de nous en avait
une.
Nous
étions cependant loin de connaître la fin de nos ennuis. Arrivés
au-dessus de Lorient, la voix du capitaine grommela : “Les gars,
encore un pépin. Le train d’atterrissage ne descend pas. Il va
falloir le faire manuellement. Vous trouverez la manivelle près du
poste de pilotage.
Chacun
se porta volontaire mais nous avions sous estimé l’effort que cela
impliquait. Même à plusieurs sur la manivelle, elle ne descendait
que d’un ou deux centimètres à la fois. Il nous fallut une bonne
demi-heure pour faire descendre le train d'atterrissage complètement.
Au-dessous de nous, on apercevait les ambulances et les pompiers
prêts à nous ramasser en petits morceaux.
Fini
les problèmes ? Que nenni ! Encore le capitaine : “Merci les gars.
Je dois vous dire que le voyant indiquant le verrouillage du train
d'atterrissage ne s’allume pas. S’il n’est pas verrouillé, il
va se replier à l’atterrissage. Je veux que tout le monde se mette
en position accident : assis, la tête entre les genoux, les mains
sur la tête. Bonne chance !”
Fausse
alerte. Le voyant ne s’était pas allumé mais le train s’était
bien verrouillé. Le S.O. Bretagne reste ancré dans ma mémoire
et cela dans ses plus petits détails…